C'est toujours le printemps des poetes n'est ce pas? Et quoi de plus naturel ,en ce 1er jour d'Avril encore bien frisquet ("en Avril ne
te......... "Ah combien de fois l'ai je entendu!!! Ma maman se plaisait ,quel que soit le temps, à me le repeter....Elle a ete souvent fâchee avec la perception du temps) un poeme en l'honneur de
ce mois , extrait de la Bergerie.
R.Belleau(1528-1577) est un
poete de la Pleiade (groupe de 7 poetes autour de Ronsard comprenant Joachim du Bellay, Jacques Peletier du Mans, La Péruse, Antoine de
Baïf et Etienne Jodelle) que Ronsard appreciait beaucoup.
Avril, l'honneur et des bois
Et des mois,
Avril, la douce espérance
Des fruits qui sous le coton
Du bouton
Nourrissent leur jeune enfance;
Avril, l'honneur des prés verts,
Jaune, pers,
Qui d'une humeur bigarrée
Émaillent de mille heurs
De couleurs
Leur parure diaprée;
Avril, l'honneur des soupirs
Des zéphyrs,
Qui, sous le vent de leur aile,
Dressent encore en forêts
De doux rets
Pour ravir Flore la belle;
Avril, c'est ta douce main
Qui du sein
De la nature desserre
Une moisson de senteurs
Et de fleurs,
Embaumant l'air et la terre.
Avril, l'honneur verdissant,
Florissant
Sur les tresses blondelettes
De ma dame, et de son sein
Toujours plein
De mille et mille fleurettes;
Avril, la grâce et le ris
De Cypris,
Le flair et la douce haleine;
Avril, le parfum des dieux
Qui des cieux
Sentent l'odeur de la plaine.
C'est toi courtois et gentil
Qui d'exil
Retire ces passagères,
Ces hirondelles qui vont
Et qui sont
Du printemps les messagères.
L'aubépine et l'églantin,
Et le thym,
L'œillet, le lis et les roses,
En cette belle saison,
A foison,
Montrent leurs robes écloses.
Le gentil rossignolet,
Douce let,
Découpe dessous l'ombrage
Mille fredons babillards,
Frétillards
Au doux chant de son ramage.
C'est à ton heureux retour
Que l'amour
Souffle à doucettes haleines
Un feu croupi et couvert
Que l'hiver
Recelait dedans nos veines.
Tu vois en ce temps nouveau
L'essaim beau
De ces pillardes avettes
Voleter de fleur en fleur
Pour l'odeur
Qu'ils mussent en leurs cuissettes
Mai vantera ses fraîcheurs,
Ses fruits meurs
Et sa féconde rosée,
La manne et le sucre doux,
Le miel roux,
Dont sa grâce est arrosée.
Mais moi je donne ma voix
A ce mois,
Qui prend le surnom de celle
Qui de l'écumeuse mer
Voit germer
Sa naissance maternelle.
Je n'en ferais pas mon livre de chevet mais c'est agreable,non?
VOUS EN PENSEZ..